Faire le point sur sa carrière cet été : pourquoi c’est le moment – et comment vraiment s’y prendre

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Il y a des questions qu’on reporte depuis des mois. Parfois depuis des années. « Est-ce que ce que je construis là, c’est vraiment ce que je veux ? » « Est-ce que je me sens à ma place ? » « Dans trois ans – comment je veux que ça ressemble ? »

Ces questions n’ont jamais le bon moment pour exister. Sauf peut-être l’été. Faire le point sur sa carrière été, c’est justement se donner cet espace-là.

Pas parce qu’on a soudainement plus de temps – la plupart des femmes que j’accompagne en coaching sont aussi occupées en juillet qu’en mars. Ce qui change, c’est la permission. Le rythme se décompresse un peu, l’agenda s’allège, et dans cet espace différent, quelque chose se décoince. Quelque chose qui n’avait pas le droit d’exister dans les réunions, les urgences, les bilans de trimestre.

Cet article s’adresse aux femmes, qu’elles se considèrent ambitieuses ou non, qui savent qu’il y a des questions à se poser – et qui veulent s’y préparer concrètement, plutôt que de repartir en septembre exactement là où elles étaient en juin.

 

Ce que l’été change vraiment

Pendant longtemps, j’ai quitté le bureau en juin avec une liste mentale de choses à « réfléchir pendant l’été ». Et en septembre, cette liste était toujours là, intacte, recouverte par les dossiers urgents de la rentrée.

Ce que j’ai compris – à la fois pour moi et dans mon travail de coach certifiée avec des femmes salariées et entrepreneuses – c’est que la réflexion de carrière ne se fait pas dans le vide. Elle a besoin d’un contexte. Un contexte où la pression quotidienne a suffisamment baissé pour que les vraies questions remontent à la surface.

« Les grandes prises de conscience n’arrivent pas dans les réunions stratégiques. Elles arrivent souvent sur un transat, dans un café le matin, lors d’une promenade sans destination – quand le cerveau sort du mode « urgence » et se remet en mode « perspective ». »

L’été n’est pas une fenêtre de calme total. C’est une fenêtre de rythme différent. Et dans ce rythme, quelque chose devient possible qui ne l’est pas le reste de l’année : se poser la vraie question, sans se censurer immédiatement.

 

Ce que « faire le point » veut vraiment dire

« Faire le point sur sa carrière, ce n’est pas rédiger une liste de résolutions. Ce n’est pas non plus une séance d’anxiété sur tout ce qu’on n’a pas encore accompli. C’est un bilan honnête : pas celui du CV, celui de l’expérience réelle. »

Dans mon livre Ambitieuse, et alors ? et dans mon travail quotidien avec mes coachées, j’ai structuré ce bilan autour de trois dimensions – que j’appelle Conscientiser, Challenger, Célébrer (les 3C). En simplifiant : où tu en es vraiment, ce qui te retient, et ce que tu veux vraiment.

Où tu en es vraiment. Pas en termes d’intitulé de poste ou de salaire – mais en termes de satisfaction réelle. Est-ce que ce que tu fais au quotidien t’engage, t’apporte de l’énergie, du sens ? Ou est-ce que tu avances sur l’inertie d’une décision prise il y a quelques années, dans un contexte qui n’est plus tout à fait le tien ?

 

Dans mes séances, je demande souvent à mes coachées d’évaluer leur poste actuel sur plusieurs dimensions : reconnaissance, autonomie, relations, sens, développement. La note la plus basse ressort presque toujours sur la même : la reconnaissance. Non pas parce qu’elles manquent de résultats – mais parce qu’elles ont intégré très tôt qu’il suffisait de bien travailler pour être vue. Ce n’est pas toujours le cas. Et ça mérite d’être nommé.

Ce qui te retient, sans que tu l’aies nommé. Il y a des freins visibles – le marché, les responsabilités, les contraintes financières. Et il y a des freins invisibles. Ces croyances intégrées si tôt qu’elles ne ressemblent plus à des croyances – elles ressemblent à des faits.

« Je n’ai pas encore l’expérience nécessaire. »

« Ce n’est pas le bon moment. »

« Je ne suis pas sûre de le mériter. »

Ce ne sont pas des évidences. Ce sont des phrases qui prennent des décisions à ta place. Selon une étude relayée par l’Observatoire des inégalités, « 40 % des femmes s’autocensurent professionnellement – non pas par manque d’ambition, mais parce que le système leur a appris à douter. » Tant que ces phrases ne sont pas nommées, elles continuent de gouverner les choix sans qu’on s’en rende compte.

 

Si une amie te disait : « Je ne suis pas encore prête à postuler à ce poste », que lui répondrais-tu ? Très probablement pas ce que tu te dis à toi-même.

Ce que tu veux vraiment, sans te censurer. Pas tes objectifs SMART. Ta vision. Ce à quoi ressemble ta vie professionnelle dans trois ans si tout se passe bien – si tu ne te retiens pas.

 

Cet exercice déclenche deux réactions très différentes chez les femmes que j’accompagne. Certaines ressentent un soulagement immédiat : enfin la permission de vouloir. D’autres entendent une petite voix qui dit « sois réaliste », « c’est présomptueux », « tu n’es pas sûre de le mériter. » Cette voix mérite d’être notée – parce qu’elle dit précisément quelque chose sur l’endroit où tu t’autocensures.

La vision ne demande pas d’être réaliste. Elle demande d’être honnête.

 

Les questions à se poser – et ce que ça ne remplace pas

Ce bilan peut se faire seule, avec un carnet, là où tu te sens bien.

Pour donner un ordre d’idée du type de travail dont il s’agit : pas « où est-ce que je me vois dans 5 ans ? » (la question d’entretien annuel, celle qui produit des réponses convenues). Plutôt « quelle opportunité ai-je déclinée ou hésité à saisir ces dernières années – et pourquoi exactement ? » Ou encore : « si une amie me disait la phrase que je me répète sur ma carrière, que lui répondrais-je ? »

Ce sont des questions qui font remonter des choses. Et c’est précisément parce qu’elles font remonter des choses qu’elles méritent un espace structuré pour les accueillir – pas juste un moment de réflexion dans le train du retour de vacances, recouvert par la rentrée dès le lendemain.

C’est pour ça que j’ai créé le Cahier d’été “Mon Été Ambitieuse”. Pas une liste de questions à lire, mais un cadre en 5 chapitres et 12 exercices pour aller au bout de la réflexion : un bilan honnête de là où tu en es, une exploration de ce qui te retient, un exercice de vision sans te censurer, un inventaire de tes forces – et une lettre à toi-même, à ouvrir le 15 septembre.

La différence entre « y réfléchir » et « le faire vraiment », c’est souvent juste ça : un cadre.

 

-> Télécharge gratuitement le Cahier Mon Eté Ambitieuse

 

Ce qui se passe si on ne le fait pas

J’ai accompagné des femmes brillantes qui avançaient depuis des années sur l’inertie d’un plan de carrière qui n’était plus vraiment le leur – parce qu’elles n’avaient jamais pris le temps de vérifier. Attendant que quelque chose de l’extérieur leur signale qu’il était temps de bouger. Le signe, parfois, c’est l’épuisement. Ou le burn-out. Rarement la version douce.

Comme je l’écris dans La pire erreur en termes de stratégie de carrière : ne pas avoir de stratégie, c’est aussi une décision – celle de laisser les circonstances décider à ta place. Et si tu te reconnais dans cette description, l’article Rester ou Partir peut t’aider à y voir plus clair.

L’été ne dure pas longtemps. Mais il offre quelque chose que le reste de l’année ne permet pas : un rythme différent qui autorise à penser différemment. Autant ne pas le laisser passer.

Et si tu veux aller plus loin – si ces questions font remonter des choses qui méritent d’être accompagnées – un échange gratuit est possible ici.

Faire le point sur sa carrière été - cahier de réflexion et ambitions professionnelles

FAQ – Faire le point sur sa carrière cet été

 

Pourquoi l’été est-il le bon moment pour faire le point sur sa carrière ?

L’été offre un rythme différent du reste de l’année : moins d’urgences, moins de bruit de fond professionnel, une décompression du quotidien. Ce changement de rythme crée un contexte où la réflexion de fond redevient possible. Ce n’est pas une question de temps disponible – c’est une question de permission intérieure que le rythme estival facilite.

 

Comment faire le point sur sa carrière quand on n’a pas beaucoup de temps libre cet été ?

Il ne faut pas beaucoup de temps – il faut de l’intention. Quelques heures réparties sur juillet-août, avec les bonnes questions, suffisent. L’essentiel est d’avoir un cadre structuré pour ne pas rester dans des pensées vagues qui ne mènent nulle part et sont recouvertes par la rentrée.

 

Quelles questions se poser pour faire un bilan de mi-année professionnel ?

Les trois axes clés : ma satisfaction réelle aujourd’hui (au-delà du titre et du salaire), les freins invisibles qui me retiennent sans que je les aie nommés, et ma vision à trois ans si je ne me censure pas. Ce bilan honnête est plus utile que n’importe quelle liste d’objectifs SMART.

 

Faire le point sur sa carrière veut-il dire forcément changer de job ?

Non. Un bilan estival peut confirmer qu’on est au bon endroit – mais qu’il y a des ajustements à faire (plus de visibilité, une évolution interne, une conversation à avoir). Il peut aussi révéler qu’un changement plus profond est nécessaire. L’objectif n’est pas de décider de changer, mais de faire un choix informé et conscient plutôt que de subir.

 

Comment ne pas perdre le bénéfice de cette réflexion au moment de la rentrée ?

La réflexion d’été doit se terminer par un ou deux engagements concrets – pas une liste de résolutions, mais un premier pas identifiable et réaliste. Écrire une lettre à soi-même, à ouvrir mi-septembre, est un outil simple et efficace pour ancrer cet engagement dans le temps et ne pas le laisser disparaître dans le bruit de la rentrée.